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Les langues de Bretagne :

Les langues de Bretagne

La Bretagne existe en tant qu'entité historique, économique et culturelle. On voudrait pouvoir dire qu'elle existe en tant qu'entité linguistique, mais ce n'est pas le cas, et cela soulève d'ailleurs bien des problèmes. Bien sûr, la marque bretonne est importante à l'intérieur des limites historiques de l'ancien duché. À partir du IVe siècle de notre ère, des immigrants venus de l'île de Bretagne, et parlant un langage celtique, sont venus s'établir dans la péninsule armoricaine, transformant complètement la physionomie de cette proue du continent. Ils se sont installés, de façon inégale, en plusieurs vagues successives, puis ils ont accompli leur marche vers l'est, conquérant, aux IXe et Xe siècles, les territoires sous domination gallo-franque, pénétrant en Normandie et en Anjou avant de se restreindre au territoire qui constitue actuellement les cinq départements bretons (L'appartenance de la Loire-Atlantique à un "Pays de Loire", est une contre-réalité historique.).

À l'époque de son extension maximum (IX-Xe siècle), la langue bretonne était pratiquée aux portes de Rennes et de Nantes. Dans tout l'est de ce territoire, la langue était le roman. Rennes, Nantes, Vitré et Fougères n'ont jamais parlé la langue bretonne. Et pourtant, ce furent des cités essentiellement bretonnes, Nantes et Rennes étant même les nouveaux pivots du royaume de Bretagne ainsi constitué. Cet état de fait, qui a d'ailleurs conduit à une lente déceltisation de la Bretagne, justifie la division du pays en Haute-Bretagne dit pays Gallo (*), francophone, et en Basse-Bretagne, celtophone et maintenant bilingue, mais ne détruit en rien la réalité d'une unité culturelle, politique et économique qu'on ressent aussi bien à Fougères qu'à Quimper. De plus, la portion de Bretagne celtophone qui, à partir du XIIe siècle, s'est déceltisée pour devenir francophone (entre Saint-Malo et Paimpol et entre Saint-Nazaire et Vannes) sert de lien entre les deux autres régions. Si, à l'heure actuelle, la limite de la Basse-Bretagne et du pays Gallo se situe entre Paimpol-St Brieuc et Vannes, elle est davantage un axe de la vie bretonne plutôt qu'un facteur de désunion. C'est dans cette optique qu'il convient de l'examiner.

En effet, il est sans doute commode de séparer la tradition de la Bretagne celtophone et de la Bretagne francophone ; il est même souhaitable de le faire pour en étudier avec plus de profondeur les différences qui tiennent au génie de la langue et à tout ce que cela comporte de moyens d'expression. Mais cette distinction risque d'amputer considérablement notre connaissance de cette ethnie qu'est la Bretagne, diversifiée dans une unité indéniable.

(*) Le mot "gallo" est d'abord un adjectif breton qui veut dire français, francisant.

Mouvement associatif et renouveau de la langue :

Plusieurs associations travaillent aujourd'hui pour la reconnaissance et la promotion de la langue britto-romane, pour son utilisation normale dans la Bretagne d'aujourd'hui et dans celle de demain :

Suite à une demande croissante de cours de gallo par correspondance, une association vient d’être créée pour répondre à ce besoin. Celle-ci a pour nom : A-DEMÓRR.
Ainsi, comme d’autres apprennent le brezhoneg, de nombreuses personnes pourront grâce à ces cours, apprendre, puis se perfectionner en langue gallèse.