Trente mille habitants, une ville qui ressemble à un bourg, un maire breton, un commissaire de police breton, un curé breton, un receveur des postes breton, un capitaine des pompiers breton. Mieux encore, le sous-préfet était breton, le sénateur était breton et le responsable de l’aéroport d’Orly était breton, c’était Athis-Mons dans les années 60, à 10 km de la porte d’Italie, sur la nationale 7.
Il est donc évident que cette importante colonie d’émigrés bretons ait éprouvé le besoin de se retrouver, autour d’un verre ou d’une table pour parler, écouter un air de musique et entamer une gavotte. Bien des cercles celtiques sont nés ainsi, Dalc’h Mat, pour sa part, nait le 5 décembre 1957 d’une scission du Cercle Celtique “ Al Levenez ” de Viry Chatillon. A cette époque Dalc’h Mat n’avait pas encore son siège social à Athis-Mons mais à Savigny sur Orge, commune limitrophe.
Cependant, les rapports amicaux qu’entretenaient Jakez Colin Fondateur du Cercle Dalc’h Mat et René L’Helguen maire d’Athis-Mons et originaire de Pluguffan (Finistère sud) aboutirent à une “ demande d’asile ” sur la commune d’Athis-Mons (il faut effectivement bien penser qu’un bagad en répétition, c’est bruyant et faute de salle adéquate, il était devenu indésirable).
Le maire, René L’Helguen, a alors déniché dans ce que l’on appelle la “ Cité de l’Air ” une salle de sports qui ne servait plus, dans un baraquement prévu pour le personnel d’astreinte de l’aéroport . Modernisé, cet endroit accueille aujourd’hui encore le Cercle Celtique d’Athis-Mons, et on peut même dire que c’est probablement aussi grâce à ce local que Dalc’h Mat est aujourd’hui toujours très présent sur la commune, une cinquantaine d’années plus tard !.
Dalc’h Mat (en breton “ tiens bon ”) affiche ses couleurs très vite et se rassemble autour de projets dynamiques. Aidé par la Municipalité, le cercle crée dans les années 60 le grand pardon, un énorme succès, qui accueillit chaque année jusqu’à 800 sonneurs et danseurs issus de Bretagne et à chaque fois entre 10.000 et 12.000 spectateurs entre 1963 et 1972.
Pendant les années ’70, le Cercle s’oriente dans une nouvelle direction. La danse, sous l’influence des concours auxquels les danseurs participent massivement, des concours régionaux Kendalc’h jusqu’à Guingamp pour les fêtes de la Saint Loup, devient un véritable spectacle. C’est en effet à cette époque qu’on introduit des représentations scèniques dansées. Les danseurs du Cercle étaient à cette époque dans le peloton de tête des Cercles de 2ème catégorie. Le bagad, tout nouvellement ressorti de son sommeil après un passage sans activité suit l’influence de son nouveau penn sonneur, Fanch Jaffray, un excellent sonneur de cornemuse, précurseur de l’enseignement musical sur partition et du travail au practice, à contrario des années 60 où l’apprentissage se faisait surtout d’oreille.
Ce fut l’époque de nombreuses sorties et aussi celle de la reconnaissance internationale du Cercle avec de nombreux voyages dans la région d’Aoste en Italie et à Rothenburg ob der Tauber en Allemagne.
D’ailleurs un jumelage entre Athis-Mons et la ville de Rothenburg ob der Tauber a suivi en 1976 grâce aux échanges et à l’amitié qui existaient depuis 9 ans déjà entre le Cercle Celtique Dalc’h Mat et le “ Schäfertanz ” (danse des bergers) le groupe de musique et de danses de la ville allemande.
Après une période de disette musicale (beaucoup de sonneurs et de danseurs étant repartis en Bretagne), le cercle renaît une fois encore de ses cendres. Forts de l’enseignement passé, les années ’90 dévoilent une période faste pour le cercle autour du développement de spectacles, tel que “ Tudy révolution ” fait de fresques, de tableaux de danses, de musiques et de scènes de théâtre qui évoquaient durant deux heures l’histoire de l’île Tudy de 1789 à nos jours, de festivals tels le festival celtique d’Athis-Mons, 7 nations celtes représentées, près de 10.000 spectateurs présents, de nouveaux échanges internationaux comme le rapprochement avec la ville de Ballina en Irlande le démontre encore aujourd’hui, des fest-noz d’importance tel que celui de 1993, avec comme invité principal Alan Stivell.
Sans se lancer dans une course à la première place, Dalc’h Mat met par ailleurs un point d’honneur à la formation de ses membres et participe régulièrement à des concours pour évaluer son “ niveau ” par rapport à ses contemporains : 8èmes à Lorient en 1998 en catégorie 4B, 1ers à Locoal-Mendon en 2000, catégorie bombardes-percussions, 2èmes en 2004 au concours de BAS Divroet…
Le cercle continue aujourd’hui de promouvoir ses activités, mais s’organise et se développe plus que jamais autour de l’idée de représentations scéniques. Ainsi, en plus des danseurs et du bagad, les chanteurs et musiciens du groupe Braz ha Vil sont venus eux aussi trouver leur place dans les spectacles.
“ Jouer et danser ensemble doit toujours être un plaisir ”.