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Les cours de breton :

C’est en Décembre 1957 que fut créé le cercle celtique Dalc’h Mat. Et c’est au cours des années 1960, il me semble, que furent créés les cours de breton, avec Guy Creac’h, un homme qui n’était pas très bien portant, mais un homme courageux qui avait monté une bibliothèque pour les malades. Il venait avec son étal de livres bretons et de disques aux fêtes et aux pardons.
Il s’occupa des cours de breton à Dalc’h mat. Je me souviens avoir lu, chaque année, sur le journal « la Bretagne à Paris », les nombreux noms des élèves de Dalc’h mat qui avaient été reçus au « Trec’h kentañ » (le premier degré qu’ils avaient atteint). Et chaque année ils étaient nombreux. mais Guy Creac’h retourna en Bretagne et il n’y eut personne pour prendre sa place.
Au début des années 1970, après avoir été à l’école à Kervreizh Paris pendant un an, mon maître d’école s’en alla vivre sa retraite en Bretagne. Il me met la craie dans la main en me disant : « Continue maintenant ! ». J’avais pensé demander s’il y avait besoin d’un maître d’école à la présidente de Dalc’h mat.
Le Samedi suivant il y avait au cercle dix élèves. C’est très bien, pensais-je. Le deuxième Samedi, il n’en restait que cinq !

Aujourd’hui, nous avons bien changé nos façons de faire l’école. Les livres d’apprentissages sont meilleurs. Il y a moyen, avec des appareils, de parler et d’entendre du Breton. Ce qui nous manque toujours ce sont des cassettes vidéo qui rendraient les cours encore plus vivants. Livres

Livres

La première chose à faire est d’apprendre à lire les 1200 mots du Breton de base, former des fragments de phrases et, enfin des phrases bretonnes complètes et, en regard, la grammaire correspondante.
Il faut aussi avoir un « moyen terme » pour tenir ensemble le plus possible les élèves avec les mêmes leçons. La deuxième année nous travaillons avec un second livre qui comprend un passage d’un écrivain, quelques questions sur la leçon, un peu de grammaire, une traduction du Breton en Français. Et apprendre à parler.

Passé la deuxième année je croyais que les élèves iraient pour achever d’apprendre la langue Bretonne en faisant des stages comme ceux de KEAV (Camp interceltique des Bretonnants) ou Roudour à Huelgoat.
Très rares ont été les élèves qui sont allés suivre ces stages. Alors nous continuons avec nos élèves par l’étude de passages de livres, parfois un livre entier.
Ce qui manque à tous c’est de pouvoir parler Breton à l’extérieur, avec des bretonnants qui ont appris comme eux. Et il n’y en a pas beaucoup dans ce pays-ci.
En général, les élèves sont des gens sérieux et c’est agréable de s’occuper d’eux. Nous rencontrons aussi des difficultés : des jeunes gens empêchés par leurs parents d’apprendre le Breton et, aussi des enfants qui ne veulent pas que leurs parents l’apprennent.

Il y a aussi les départs à cause du lieu de travail qui change. Pour certains c’est le surmenage au travail.
Une chose importante : il n’est pas possible, à mon avis, d’apprendre le Breton sans rencontrer la Bretagne, ses noms de lieu, ses dialectes, ses chants. Alors nous donnons des explications. Nous donnons ce que nous avons nous même appris. Nous ne voulons pas les influencer. Nous avons du respect pour eux et pour ce qu’ils sont et peuvent devenir.