Le chant est la base et le gardien de la continuité des traditions musicales. C'est un mode d'expression qui est donné à tout être doué de parole ; pourtant, chaque culture en fait un usage différent, très lié aux sonorités de la langue dans laquelle il s'exprime. Beaucoup de pratiques encore courantes au premier tiers de notre siècle disparaissent à une vitesse relativement élevée : il fut un temps ou toutes les mamans du monde chantaient des berceuses à leurs petits (maintenant on tire la queue d'une souris à musique et on ferme la porte...), certains métiers étaient scandés par des chants de travail, les chanteurs de rue répandaient les nouvelles, l'écolier chantait ses leçons, le chant rythmait la vie... A l'époque ou la nature n'était pas remplie de bruits de tracteurs, de voitures ou d'avions, il était fréquent en Bretagne, que les bergers où les paysans chantent en se répondant d'un champ à un autre... Même si tous les musiciens ne sont pas forcément de bons chanteurs, leur chant est le meilleur moyen de communication.
La bombarde est un instrument de conception relativement simple, qui n'a connu que peu d'évolutions pendant plusieurs siècles. Sous sa forme actuelle, elle n'est jouée qu'en Bretagne, mais elle a de nombreux cousins éparpillés tout autour du globe. Elle fait partie de la famille des hautbois, possédant le même type d'anche et la même technique de souffle. La bombarde appartient à la famille des hautbois dont on dit qu'elle est l'ancêtre. C'est un instrument à vent puissant, dont la voix chaude porte très loin, comme la cornemuse écossaise. Il ne possède qu'une ou deux clefs et l'essentiel du travail du "talabarder" (sonneur de bombarde) porte sur l'anche (bec). La bombarde est toujours très populaire en Bretagne où des milliers de sonneurs la pratiquent. On n'en joue jamais en solo : traditionnellement elle forme le couple avec le biniou (koz). Mais elle a aussi trouvé sa place au sein des bagadoù où elle donne la réplique aux cornemuses, offrant à l'ensemble breton qu'est le bagad une richesse de sonorités différente du pipe band écossais ou irlandais. La bombarde se donne aussi en concert avec l'orgue et figure dans la panoplie de nombreux groupes folk bretons.
Breton pur jus, le biniou koz ou biniou breton, est une sorte de cornemuse à un seul bourdon. Il joue à une octave au-dessus de la bombarde, autre instrument breton. Le biniou koz est l'instrument traditionnel par excellence de la Basse Bretagne. Les sonneurs de couple (bombarde, biniou koz) animaient autrefois tous les grands moments de la vie des campagnes : fêtes, pardons, noces... où ils excellaient dans les airs à danser. Le binou koz, aux sonorités aigrelettes, est le symbole même du fest-noz, cette antique fête de nuit bretonne qui connaît un regain de faveur depuis une trentaine d'années, après avoir disparu.
La cornemuse, reine d'Écosse. La cornemuse d'Ecosse, à trois bourdons, est aussi appelée grande cornemuse des Highlands. Instrument à vent, elle comporte un sac que le sonneur remplit d'air en soufflant. La cornemuse écossaise est la plus connue des membres de la famille. Ne l'a-t-on pas entendue sur tous les champs de bataille, jusqu'en Inde? Il est vrai que les régiments écossais de sa gracieuse majesté furent le dernier refuge toléré pour cet instrument symbole de la résistance des clans écossais à la domination anglaise. La cornemuse se joue aussi en solo et permet au sonneur de développer une grande virtuosité, alternant les complaintes et les suites de reels et airs à danser. La cornemuse d'Ecosse est un instrument à anche qui produit un son continu. En effet, c'est l'air contenu dans un sac qui fait vibrer les anches et non le souffle du joueur. La cornemuse est l'instrument traditionnel de l'Ecosse où elle est devenue un instrument militaire au cours du 16ème siècle.
Les ensembles de batterie des Pipe Bands et des bagadoù sont composés de caisses claires, tambours ténors et basse. Issue des tambours de cliques militaires, la caisse claire, telle qu'elle a été développée par les Pipe Bands écossais, a atteint une complexité de jeu qui n'a plus grand -chose à voir avec ses origines. Les premiers tambours militaires étaient composés d'un fût sur lequel étaient tendues deux peaux en cuir. Aujourd'hui, la caisse claire ou snare drum doit son nom aux timbres en métal placés sous chaque peau faite de matière synthétique. Le son du tambour, si "clair" dans la musique de Pipe Band et de bagad, est tributaire des différents réglages de tension des peaux et des timbres, mais aussi de la frappe du batteur (tambouliner en breton) dont le jeu est une succession de coups simples ou doubles de chaque baguettes. Les rythmiques sont très précises. Le rôle de la batterie est aussi d'amener des accents, de marquer les temps forts, là où les cornemuses ne peuvent pas le faire.
Compléments des caisses claires, les ténors et la basse (grosse caisse) ont un rôle de soutien et de renfort sonore apportant des sons graves. Ce sont des tambours sans timbres que l'on joue avec des mailloches souples qui produisent un son doux.